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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/57

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Ce qui fait les Césars, c’est l’air fatal des Romes ;
Tant qu’Isis voilera la raison, les Memphis
Et les Thèbes auront les Pharaons pour fils ;
C’est l’atmosphère étrange et terrible du trône
Qui fait Tudor à Londre et Phul à Babylone.
Nul n’est d’avance Achab, Domitien, Abbas ;
Non, non, il ne naît point de démon ici-bas ;
Personne n’est créé moitié chair, moitié marbre ;
L’humanité n’a point de fruit noir à son arbre ;
Non, celui qui fait tout et qui répond de tout
N’a pas mis un dragon, une hydre, un tigre, un loup
Dans cet enfant qui tient sa mère par la robe ;
Tout homme naît bon, pur, généreux, juste, probe,
Tendre, et toute âme éclôt étoile aux mains de Dieu.

Si ce cœur est glacé, c’est qu’on éteint son feu ;
Si cette aile est cassée et si cet esprit boite,