Ouvrir le menu principal

Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/126

Cette page n’a pas encore été corrigée


C’est le bien ; vis, réponds à la haine en aimant,
Et c’est là tout le dogme et tout le firmament.

Quoi ! l’amour est fragile et la haine est durable !
Quelle est donc cette loi du deuil inexorable ?
O ciel sombre ! on a beau se révolter, vouloir
Briser cet anankè, rompre ce désespoir,
L’âpre loi reparaît toujours, sourde et glacée.
Va, philosophe, essaie, insurge la pensée,
La raison, la sagesse humaine, la clarté,
Contre la nuit, l’horreur et la fatalité,
Appelle en aide et mêle à ces saintes émeutes
Job, les Esséniens, Philon, les Thérapeutes,
Voltaire, Diderot, Vicô, Beccaria ;
Toujours Satan revient avec le paria,
Toujours l’enfer vomit, comme une doublé lave,
Le démon dans le ciel, sur la terre l’esclave,
Le mal dans l’infini, le malheur ici-bas.
Plaindre Jésus, c’est bien ; mais plaindre Barabbas,
C’est aussi la justice ; et la grandeur éclate