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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/124

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Et vous ne voulez pas que, pesant ces deux chaînes,
L’une qui tient le corps captif dans les géhennes,
L’autre qui fait de l’âme elle-même un caveau,
L’une étreignant le bras, et l’autre le cerveau,
Sentant nos yeux mouillés, notre cœur qui se serre,
Nous disions, inclinés sur l’énigme misère,
Et de tous les cachots comparant la noirceur :
L’opprimé le plus sombre, hélas, c’est l’oppresseur !

Si vous ne plaignez pas ces êtres sur qui pèse
Une fatalité morne et que rien n’apaise,
Ces haïs, ces maudits, qu’est-ce que vous plaindrez ?
Refusez-vous le baume aux plus désespérés ?
Avez-vous des pitiés décroissant à mesure
Qu’on voit la douleur croître et grandir la blessure ?
Reculez-vous devant l’étrange extrémité
Où le malheur devient de la calamité ?

                                  *