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Page:Hugo - La pitié suprême, 1879.djvu/111

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Sa grandeur, lui venant du néant, l’amoindrit ;
L’énormité du trône écrase son esprit ;
Sous cet homme l’honneur périt, le droit s’absente.
La paix est un marais de honte croupissante ;
Lois, justice, clergé, tout est corruption.
Pour gagner tes procès, es-tu Trimalcion ?
Bien, paie. Es-tu Phryné ? montre ta gorge aux juges.
On aspire aux tombeaux ainsi qu’à des refuges ;
La guerre est un tumulte informe, un cliquetis
De passions, d’instincts sauvages, d’appétits ;
Il va sans savoir où de bataille en bataille ;
Il allume une ville ainsi qu’un tas de paille ;
Et la campagne en feu que brûle ce tueur
Empourpre au loin les monts où rêve, à la lueur
De tous ces tourbillons de flamme et d’étincelles,
Le vautour se fouillant du bec sous les aisselles.
Puis la victoire un jour fuit et le brise, après
Qu’il a fait grandir l’ombre affreuse des cyprès.

                                  *