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idées généreuses et à tous les progrès de son siècle. » Cet éloge, si grand qu’il soit, est insuffisant. Victor Hugo fut avant tout le poète du dix-neuvième siècle. Or, le poète ne reçoit pas les idées, il les crée, ou plutôt il les devine. Ce n’est point un vulgarisateur, c’est un prophète. Il ne suit pas, il marche en avant. Tel fut le rôle de Victor Hugo, tel il est encore.

J’en ai dit assez pour faire comprendre à mes concitoyens pourquoi j’ai, le 3 mars 1879, proposé au conseil municipal, et pourquoi le conseil a décidé de donner le nom de Victor Hugo à l’une des rues de la ville et de poser sur la façade de cette maison une plaque commémorative de sa naissance.

Vive Victor Hugo ! Vive la république ! !

Au dernier mot du maire, le voile de velours cramoisi qui cache la plaque commémorative est enlevé, aux acclamations de la foule.

La plaque est en bronze. Une lyre sur laquelle montent deux branches de laurier d’or dresse ses cinq cordes au dessus d’une inscription qui, d’après le désir du poète, se compose uniquement d’un nom et d’une date :

VICTOR HUGO

26 février 1802.

La lyre est couronnée par la rayonnante figure d’une République étoilée.

La jeune fille du propriétaire de la maison, Mlle Artauld, apporte au maire, qui le remet à Paul Meurice, un superbe bouquet destiné à Victor Hugo.

Puis le cortège se dirige vers le théâtre.

Il y entre par une grande porte de côté qui s’ouvre sur la scène même.

Des gradins recouverts d’un tapis y ont été ménagés pour donner accès à l’estrade où ont pris place les invités.

Le buste de Victor Hugo, par David d’Angers, est au milieu de la scène.

Les loges du premier rang, le balcon et l’orchestre étaient déjà