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IV BANQUET POLONAIS

ANNIVERSAIRE DE LA RÉVOLUTION DE POLOGNE

29 novembre 1852.


Proscrits de Pologne,

Vous prononcez mon nom au milieu de cette fête, destinée à honorer vos grandes luttes. Vous me faites appel. Je me lève.

Cette solennité m’est chère. Elle m’est chère doublement, et savez-vous pourquoi, citoyens ? ce n’est pas seulement parce qu’elle rappelle à nos mémoires votre héroïque réveil de 1830, c’est aussi, c’est surtout parce qu’elle glorifie une révolution, au jour, presqu’à l’heure où la servitude vote l’empire.

Oui, ceci me plaît, ceci me convient. Cette communion, à laquelle j’assiste, cette communion de la France exilée et de la Pologne proscrite dans un illustre souvenir, dans une date mémorable, a le haut caractère d’un acte de foi. Oui, citoyens, c’est au moment où il semble que les cercueils se ferment qu’il faut affirmer la vie.

Qu’aujourd’hui, ici, dans cette île, à l’instant où, en France, on salue empereur le bandit du 2 décembre, que vos voix généreuses, que vos paroles inspirées, que vos