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I. RENTRÉE A JERSEY

Le 18 juin 1860, on vit à Jersey une chose singulière. Toutes les murailles étaient couvertes d’une affiche où on lisait : Victor Hugo is arrived. Jersey, cinq ans auparavant, avait expulsé Victor Hugo, et maintenant toute la population de Jersey, en habit de fête, saluait Victor Hugo dans les rues de Saint-Hélier.

Voici ce qui s’était passé.

C’était le moment de cette merveilleuse expédition des Mille qui a ébloui l’Europe. L’histoire n’a pas d’entr’actes. Les libérateurs se suivent et se ressemblent, mais leurs destinées diffèrent. Après John Brown, Garibaldi. Il s’agissait d’aider Garibaldi dans son entreprise superbe. Une vaste souscription s’organisa en Angleterre. Jersey songea à Victor Hugo. On pensa que sa parole pouvait donner l’élan à cette souscription. Toute l’île avait maintenant honte de l’expulsion de 1855. Une députation, conduite par MM. Philippe Asplet et Derbyshire, apporta à Victor Hugo une adresse signée de cinq cents notables habitants de Jersey et le priant de rentrer dans l’île et de parler pour Garibaldi. Victor Hugo, le 18 juin 1860, rentra à Jersey, et, au milieu d’une foule immense et émue, prononça les paroles qu’on va lire.


Messieurs,

Je me rends à votre appel. Partout où une tribune se dresse pour la liberté et me réclame, j’arrive, c’est mon instinct, et je dis la vérité, c’est mon devoir. ( Écoutez ! écoutez !)