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LE MANUSCRIT

D’IRTAMÈNE.

Ce n’est pas sans émotion que Ton tient entre ses mains le manuscrit de cette première tragédie de «l’enfant sublime».

C’est sur trois simples cahiers cousus les uns aux autres avec de la ficelle, c’est sur ce même papier employé’ pour ses devoirs d’écolier que Victor Hugo a écrit à quatorze ans îrtamène ; papier de fil non ébarbé, tout jauni par le temps ; d’une ligne à l’autre, l’encre est parfois si pâle qu’on a peine à lire l’écriture , pourtant très nette, de 1816 ; l’écolier ajoutait sans doute de l’eau quand sa provision d’encre s’épuisait. Ces précieux petits cahiers , mesurant vingt-deux centimètres de hauteur sur dix-huit de largeur, non reliés et protégés par un étui , sont tenus avec un soin méticuleux ; sous le titre on lit, pour chaque acte, le compte des vers avec les dates ; le fac-similé publié en tcte de ce volume est si pâle que nous croyons devoir le transcrire ici : Le premier acte, 5 scènes 236 vers. juillet 1816. Le second acte, 5 scènes 300 —

Le troisième acte, 6 scènes. . . . 308 —

Le quatrième acte, 7 scènes. . . 370 —

Le cinquième acte, 7 scènes. . . 294 — 14 décembre 1816. 1.508 —

Ce qui n’empêche pas qu’à partir du quatrième acte, chaque page porte son nombre de vers noté au bas.

A la liste des personnages, hésitation pour le nom du traître Mégabise, il devait d’abord s’appeler Jeltas.

Chaque page, remplie au recto et au verso, est numérotée des deux côtés, de I à 83.

Le jeune auteur n’a pas, comme il le fera plus tard, laissé une marge importante ; celle-ci ne contient, sauf à la page 8 où quatre vers sont ajoutés dans le sens de la largeur, ni additions, ni corrections ; le manuscrit semble d’ailleurs écrit d’un seul jet ; il devait cependant exister des notes, des plans qu’on n’a pas retrouvés. Dès le début de la pièce le sens critique dont a fait preuve toute sa vie Victor Hugo et qui nous a valu pour toutes ses œuvres de si intéressantes variantes, se manifeste. La première scène s’ouvrait par une longue tirade d’Irtamène reprochant à Phalérie (tel Curiacc à Camille) de vouloir sacrifier l’honneur à l’amour. Au deuxième vers, Irtamcne dit :

Cessez de m’otFenscr par de pareils discours.