Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Théâtre, tome VI.djvu/288

Cette page n’a pas encore été corrigée


266 MILLE FRANCS DE RÉCOMPENSE.

L’AFFICHEUR, montrant à l’inspecteur l’angle du mur du Bal des Neuf Muses. Monsieur l’inspecteur, si je collais mon affiche là ? GLAPIEU.

Je me contenterais de peu. Je n’ai jamais visé à être pair de France. L’INSPECTEUR, à l’afficheur.

Où. ?

L’AFFICHEUR.

Sous le réverbère.

L’INSPECTEUR.

Oui. L’affiche sera éclairée. On pourra la lire. Et ne l’affichez pas trop haut.

L’afficheur pose son échelle et colle une affiche sous la lanterne. GLAPIEU.

La Seine d’un côté, de l’autre la surveillance. On a envie de se jeter dans la rivière pour échapper à la police. Ça vaut encore mieux que de se jeter dans la police pour échapper à la rivière. L’affiche collée, l’afficheur s’en va. L’inspecteur le suit. Glapieu s’approche de l’affiche, dont les majuscules sont lisibles pour le spectateur. Voyons l’affiche. — Moi, je suis un liseur d’affiches. Les murs de Paris, c’est mon cabinet de lecture. — Une affiche collée à cette heure-ci, cela doit être pour quelque chose d’urgent. Il lit :

«Mille francs de récompense...»

Il se retourne vers le spectateur. Mille francs !

Il ôte sa casquette, respectueusement, puis la remet. Mille francs de récompense, c’est toujours urgent en effet. II reprend la lecture de l’affiche. «... à qui rapportera quatre billets de banque de mille francs perdus ce «matin 19 janvier dans le trajet de l’hôtel Puencarral à la Banque de «France en passant par les rues Saint-Marc-Feydeau, Vi vienne, Neuvc-Croix-des-Petits-Champs et La Vrillière. Celui qui rapportera les quatre