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seule. Il est sorti d’un air singulier. Cet homme est capable d’émouvoir quelque sédition. Il faut que j’aille en hâte à la maison de ville. Holà, quelqu’un !

(Maître Éneas et Joshua paraissent.)


JOURNEE 3 PARTIE 1 SCENE 5

Les mêmes, moins


Simon Renard

 ; maître Éneas,

Joshua.


La Reine

. C’est vous,


Maître Éneas.

Il faut que cet homme et vous, vous vous chargiez de faire évader sur-le-champ le comte de Clanbrassil.


Maître Éneas

.

Madame…


La Reine

.

Tenez, je ne me fie pas à vous ! Je me souviens que vous êtes de ses ennemis. Mon dieu ! Je ne suis donc entourée que

des ennemis de


L’homme

que j’aime ! Je gage que ce porte-clefs, que je ne connais pas, le hait aussi.


Joshua.

C’est vrai, madame.


La Reine

. Mon dieu ! Mon dieu ! Ce


Simon Renard

est plus roi que je ne suis reine. Quoi ! Personne à qui me fier ici !

Personne à qui donner pleins pouvoirs pour faire évader Fabiani !

Jane, sortant de derrière le pilier. Si, madame ! Moi !

Joshua, à part. Jane !


La Reine

.

Toi, qui toi ? C’est vous, Jane Talbot ? Comment êtes-vous ici ? Ah ! C’est égal ! Vous y êtes ! Vous venez sauver Fabiani. Merci. Je devrais vous haïr, Jane, je devrais être jalouse de vous, j’ai mille raisons pour cela. Mais non, je vous aime de l’aimer. Devant l’échafaud, plus de jalousie, rien quel’amour. Vous êtes comme moi, vous lui pardonnez, je le vois bien. Les hommes ne comprennent pas cela, eux. Lady Jane, entendons-nous. Nous sommes bien malheureuses toutes deux, n’est-ce pas ? Il faut faire évader Fabiani. Je n’ai que vous, il faut bien que je vous prenne. Je suis