Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XII.djvu/251

Cette page n’a pas encore été corrigée



La haine, tantôt fière, effrontée, ingénue,.
Aspire à s’étaler au soleil toute nue,
La calomnie aux dents, rit d’un sage ou d’un roi,
Lève sa jupe infâme et dit admirez-moi !
Tantôt, se souvenant qu’elle a mêlé peut-être
Jadis à vos amis son sourire humble et traître,
Elle arme sa fureur d’un regard innocent,
Emmielle son poison, et glisse en gémissant
Sa morsure plus lâche, et plus âcre et meilleure
Sous un. masque éraillé d’ancien ami qui pleure !
« Ce pauvre ami, dit-elle, oh ! comme il est changé !
« Dans cette voie, hélas ! pourquoi s’être engagé !
« Disons-lui qu’il se perd par amour pour la gloire... »
O vile hypocrisie ! envie. épaisse et noire
Qui s’attache à l’esprit comme -la rouille au fer !
Louches regards ! , pleurs, faux, qui font rire l’enfer !