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d’un parapluie, afin que, s’il tombe trop d’eau,
on ne s’en serve point, parce qu’il est en soie.
Et nous nous marions tantôt. Vive la joie !
Donc, mamz’elle, à midi, l’église. à minuit…
Il fait claquer ses doigts.
— bien !
Vous êtes un peu maigre. Ah ! Cela ne fait rien.
En mangeant du gigot, de la soupe bien chaude,
du lard, avec le temps vous deviendrez rougeaude.
La viande, voyez-vous, c’est ça qui fait la chair.
Vous étiez mal nourrie. Au fait, tout est si cher !
Le moyen qu’une fille, en mangeant peu, soit belle !
Sans chardon, l’âne geint. Sans pré, le mouton bêle.
Nous serons très heureux. Moi, j’aurai soin des boeufs,
vous des cochons. Des fois, l’étable, c’est bourbeux,
dame, on pataugera dans la paille mouillée.
Bah !
Lison, à part.
On nous a souvent, le soir, à la veillée,
dit des contes de fée où l’on voit qu’au printemps
il arrive parfois aux filles de vingt ans
de trouver au milieu de leur chambre un jeune homme
portant un astre au front, qui leur dit : je me nomme
le prince Azur, je t’offre un palais où tout rit,
chante et danse, je t’aime, et je suis un esprit.
Considérant maître Harou.
Ce n’est pas ça.


Harou.

Je veux vous donner douze, oui, douze !
Chemises en bon fil.
Montrant sa manche.
Pareilles à ma blouse.
Lison, à part.
En toile à torchon !