Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/224

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



II


L’ÉGLISE.


I


J’errais. Que de charmantes choses !
Il avait plu ; j’étais crotté ;
Mais puisque j’ai vu tant de roses,
Je dois dire la vérité.

J’arrivai tout près d’une église,
De la verte église au bon Dieu,
Où qui voyage sans valise
Écoute chanter l’oiseau bleu.

C’était l’église en fleurs, bâtie
Sans pierre, au fond du bois mouvant,
Par l’aubépine et par l’ortie
Avec des feuilles et du vent.

Le porche était fait de deux branches
D’une broussaille et d’un buisson ;
La voussure, toute en pervenches,
Était signée : Avril, maçon.
 
Dans cette vive architecture,
Ravissante aux yeux attendris,
On sentait l’art de la nature ;
On comprenait que la perdrix,