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Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Histoire, tome II.djvu/62

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C’étaient des cartouches.

Versigny et Biscarrat allèrent au Siècle ; il y avait au Siècle trente ouvriers qui tous, au risque d’être fusillés, s’offrirent à imprimer ma proclamation. Biscarrat la leur laissa, et dit à Versigny : A présent il me faut ma barricade.

Le châlier marchait derrière eux. Versigny et Biscarrat se dirigèrent vers le haut du quartier Saint-Denis. En approchant de la porte Saint-Denis, on entendait un grand murmure. Biscarrat riait et disait à Versigny : Saint-Denis se fâche. Cela va. Biscarrat, chemin faisant, recruta quarante combattants, parmi lesquels Moulins, chef de l’association des corroyeurs. Chapuis, sergent-major de la garde nationale, leur apporta quatre fusils et dix sabres. – Vous savez où il y en a d’autres ? demanda Biscarrat. – Oui. Aux Bains Saint-Sauveur. – Ils y allèrent et y trouvèrent quarante fusils. On leur donna des sabres et des gibernes. Des « messieurs » bien mis vinrent portant des boîtes de fer-blanc où il y avait de la poudre et des balles. Des femmes, vaillamment joyeuses, firent des cartouches. A la première porte touchant la rue du Hasard-Saint-Sauveur ils prirent dans une grande cour de serrurier des barres de fer et des marteaux. Ayant les armes, on eut les hommes. Ils furent tout de suite cent. On se mit à dépaver. Il était dix heures et demie. Vite ! vite ! criait Georges Biscarrat. La barricade de mes rêves ! – C’était rue Thévenot. Le barrage fut fait, haut et terrible. Abrégeons. A onze heures, Georges Biscarrat avait achevé sa barricade. A midi, il y fut tué.