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Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Histoire, tome II.djvu/43

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On avait des nouvelles de Canrobert. Le 2 au soir, il était allé voir Madame Le Flô, cette noble femme indignée. Le lendemain 3, il devait y avoir un bal chez Saint-Arnaud, au ministère de la guerre. Le général Le Flô et Madame Le Flô y étaient invités et devaient s’y rencontrer avec le général Canrobert. Mais ce n’est point de cette danse que lui parla Madame Le Flô. – Général, lui dit-elle, tous vos camarades sont arrêtés ; et c’est à cela que vous allez donner la main ! – Ce que je vais donner, dit Canrobert, c’est ma démission. Et il ajouta : – Vous pouvez le dire à Le Flô. Il était pâle et se promenait de long en large, très agité. – Votre démission, général ? – Oui, madame. – Est-ce sûr ? – Oui, madame, si pourtant il n’y a pas d’émeute… – Général Canrobert, s’écria Madame Le Flô, voilà un si qui me dit ce que vous allez faire.

Et pourtant Canrobert n’était, certes, point décidé encore. Le fond de Canrobert était l’incertitude. Pélissier, l’homme hargneux et bourru, disait : Fiez-vous donc aux noms des gens ! Je m’appelle Amable ; Randon [1] s’appelle César, et Canrobert s’appelle Certain !

  1. Surnommé nous.