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Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Histoire, tome I.djvu/176

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souffle, par le caillou qui tombe, par l’heure qui sonne ; l’homme, à un jour donné, cet être frissonnant, chancelant, misérable, hochet du hasard, jouet de la minute qui s’écoule, se redresse tout à coup devant l’énigme qu’on nomme vie humaine, sent qu’il y a en lui quelque chose de plus grand que l’abîme, l’honneur ; de plus fort que la fatalité, la vertu ; de plus profond que l’inconnu, la foi ; et, seul, faible et nu, il dit à tout ce formidable mystère qui le tient et qui l’enveloppe : fais de moi ce que tu voudras, mais moi je ferai ceci et je ne ferai pas cela ; et fier, serein, tranquille créant avec un mot un point fixe dans cette sombre instabilité qui emplit l’horizon, comme le matelot jette une ancre dans l’océan, il jette dans l’avenir son serment.

O serment ! confiance admirable du juste en lui-même ! Sublime permission d’affirmer donnée par Dieu à l’homme ! C’est fini. Il n’y en a plus. Encore une splendeur de l’âme qui s’évanouit !