Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome I.djvu/281

Cette page a été validée par deux contributeurs.

rayons du soleil et de la beauté du paysage, — n’est-ce pas que c’est un ensemble pur et charmant ? — De la cage des anciennes cloches, la jeune fille a fait sa chambre ; elle y a mis son lit dans l’ombre, elle y chante comme chantaient les cloches, mais d’une voix plus douce, pour elle et pour Dieu seulement. De l’un des clochetons inachevés, la mère a fait la cheminée du petit feu de veuve où cuit sa pauvre marmite. Voilà le haut du clocher de Francfort. Comment et pourquoi cette colonie est-elle là, et qu’y fait-elle ? Je l’ignore, mais j’ai admiré cela. Cette fière ville impériale, qui a soutenu tant de guerres, qui a reçu tant de boulets, qui a intronisé tant de césars, dont les murailles étaient comme une armure, dont l’aigle tenait dans ses deux serres les diadèmes que l’aigle d’Autriche posait sur ses deux têtes, est aujourd’hui dominée et couronnée par l’humble foyer d’une vieille femme, d’où sort un peu de fumée.