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Il ne s’arrêta en Italie qu’aux limites des bénéventins et des grecs, et en Espagne qu’aux frontières des sarrasins.

Quand cette immense formation se décomposa pour la première fois, en 843, Louis le Débonnaire étant mort et ayant déjà laissé reprendre aux sarrasins leur part, c’est-à-dire toute la tranche de l’Espagne comprise entre l’Èbre et le Llobregat, des trois morceaux en lesquels l’empire se brisa il y eut de quoi faire un empereur, Lothaire qui eut l’Italie et un grand fragment triangulaire de la Gaule, et deux rois, Louis qui eut la Germanie, et Charles qui eut la France. Puis, en 855, quand le premier des trois lambeaux se divisa à son tour, de ces morceaux d’un morceau de l’empire de Charlemagne on put encore faire un empereur, Louis, avec l’Italie ; un roi, Charles, avec la Provence et la Bourgogne ; et un autre roi, Lothaire, avec l’Austrasie, qui s’appela dès lors Lotharingie, puis Lorraine. Quand vint le moment où le deuxième lot, le royaume de Louis le Germanique, se déchira, le plus gros débris forma l’empire d’Allemagne, et dans les petits fragments s’installa l’innombrable fourmilière des comtés, des duchés, des principautés et des villes libres, protégée par les margraviats, gardiens des frontières. Enfin, quand le troisième morceau, l’état de Charles le Chauve, plia et se rompit sous le poids des ans et des princes, cette dernière ruine suffit pour la formation d’un roi, le roi de France ; de cinq ducs souverains, les ducs de Bourgogne, de Normandie, de Bretagne, d’Aquitaine et de Gascogne ; et de trois comtes-princes, le comte de Champagne, le comte de Toulouse et le comte de Flandre.

Ces empereurs-là sont des Titans. Ils tiennent un moment l’univers dans leurs mains, puis la mort leur écarte les doigts, et tout tombe.

On peut dire que la rive droite du Rhin appartint à Napoléon comme à Charlemagne.

Bonaparte ne rêva pas un duché du Rhin, comme l’avaient fait quelques politiques médiocres dans la longue lutte de la maison de France contre la maison d’Autriche. Il savait qu’un royaume longitudinal qui n’est pas insulaire est impossible ; il plie et se coupe en deux au premier choc violent. Il ne faut pas qu’une principauté affecte l’ordre simple ; l’ordre profond est nécessaire aux états pour se maintenir et résister. À quelques mutilations et à quelques agglomérations près, l’empereur prit la confédération du Rhin telle que la géographie et l’histoire l’avaient faite, et se contenta de la systématiser. Il faut que la confédération du Rhin fasse front et obstacle au nord ou au midi. Elle était posée contre la France, l’empereur la retourna. Sa politique était une main qui plaçait et déplaçait les empires avec la force d’un géant et la sagacité d’un joueur d’échecs. En grandissant les princes du Rhin, l’empereur comprit qu’il accroissait la couronne de France et qu’il