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À François-Victor.


Mardi soir.

Mon Victor, tu n’es pas venu dîner, et précisément il aurait été utile que tu vinsses. Pourquoi ? tu le comprendras en lisant ceci. M. Émile Daclin veut bien se charger de te le porter. Je crois qu’il faudrait que le Rappel publiât ce que je t’envoie. Concerte-toi avec Vacquerie, et faites pour le mieux. Il faudrait, si cela paraît, que ce fût tout de suite.

Je t’embrasse, mon doux enfant.

V.

Lis le Figaro de ce matin et vois ce qu’il faut citer[1].


À Madier de Montjau.


6 juillet.

Mon intègre et éloquent collègue, vous avez supérieurement parlé contre l’infâme décret de 1852, qui, s’il vit encore, ne vit que d’une vie de spectre. Je vous remercie d’avoir prononcé mon nom dans votre beau et irréfutable discours.

Votre ami.
Victor Hug[2].


À Nadar[3].


Lundi 12.

Mon vaillant, mon cordial et cher confrère, je voudrais bien vous voir. Meurice a fait ce que vous désiriez, mais à votre tour vous l’avez blessé. Le mot intention venimeuse a froissé ce cœur si noble et si bon. Je vous affirme qu’il n’a jamais eu l’intention ni l’ombre de la pensée de vous offenser. Mais il faudrait causer. Et le temps nous manque, à vous comme à moi. Je vous chercherai. Je finirai par vous trouver. Je vous aime, vous le savez, homme entre tous vaillant. Meurice est pour moi comme un frère. Je suis navré de cet incident. Si vous m’aimez un peu, ce nuage s’évanouira.

À bientôt.
Ex imo corde.
V. H.[4]
  1. Collection Pierre Lefèvre-Vacquerie.
  2. Communiquée par M. Jacques Sevoz, petit-neveu de Madier de Montjau.
  3. Inédite.
  4. Collection Nadar.