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à Juarez. Voici ma lettre[1]. La communication est pour Auguste en même temps que pour vous. Mais voici, mon doux frère, ce que je vous demande. Avez-vous le temps de voir M. de Girardin, de lui porter la chose, et de lui demander s’il croit pouvoir publier cela, en faisant des retranchements et avec des lignes de points. Le tout est évidemment impossible. Faites pour le mieux. Moi, je vous aime.

V.[2]


À Hetzel.


H.-H., 11 juin.

Je reçois votre mot, et cette étrange contrefaçon. Je vous réponds bien vite. Je n’ai rien vendu ni concédé de ce genre. Ma concession à la maison Duriez a expiré en 1851. Vous lui avez succédé. Je ne comprends absolument rien à cette édition Tresse[3] qui me semble comme à vous toute neuve. Si elle datait de seize ans reliquat, ce ne serait pas ce papier tout frais. Il serait jauni. Et d’ailleurs comment croire à un reliquat de seize ans ? Suis-je dans la forêt de Bondy ? Il me semble que je sens une main dans ma poche.

Mais, vous le savez, il n’y a pas de juges pour moi. Mes procès sont d’avance perdus.

Peut-être y a-t-il des juges pour vous ? Vous êtes mon cessionnaire. Faites ce que vous croirez utile. J’affirme, moi, que c’est une contrefaçon : Mot doux.

Merci pour cette chose sur Paris. Vous m’en parlez avec toute votre grâce charmante et cordiale. Je crois comme vous qu’une édition populaire ne pourrait que servir le livre de Lacroix.

Mettez mes hommages aux pieds de Mme Hetzel.

V.

Je viens de lire dans un très remarquable article de M. Villemot (sur Frédérick Lemaître) des paroles excellentes pour Ruy Blas et moi. Voulez-vous le remercier de ma part ? J’aurai probablement occasion de lui écrire à propos d’Hernani.

23 juin. — Ma lettre ne pouvant partir que demain lundi, vu ce bon dimanche anglais, j’y ajoute ceci que ma mémoire me rappelle :

— J’ai traité avec Gaillard, Rampin et Duriez en 1838 pour mes Œuvres complètes. Concession, onze années. 1848 ayant été funeste à la librairie, à

  1. Publiée dans Actes et Paroles. Cette lettre est arrivée trop tard, Maximilien venait d’être fusillé.
  2. Actes et Paroles. Pendant l’exil. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.
  3. Tresse, éditeur ; maison existant encore sous la rubrique : Tresse et Stock.