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y a dans ces vers charmants ! Cher Banville, vous êtes la douce lumière de ce puissant siècle. Je vous aime du plus profond de mon cœur.

Votre cher enfant va-t-il mieux ? Le mien se soutient dans la voie de la convalescence. Que je serais heureux de causer avec vous ! Voulez-vous venir dîner avec nous, 20, rue Drouot, un jour de la semaine prochaine ? Si vous le pouvez, choisissez vous-même le jour (à sept heures, jeudis et dimanches exceptés), et écrivez-moi votre choix. J’inviterais les frères Lyonnet.

Tâchez de pouvoir venir et aimez-moi. Je vais me remettre à relire votre livre. Au fond des bois chante le rossignol.

Victor H.[1]


À Paul Meurice[2].


8 9bre.

Cher Meurice, je vous envoie copie de la lettre que m’écrit M. Michaëlis. En même temps il m’envoie 11 330 fr. dont je lui accuse réception[3].

Je tiens ces 11 330 fr. à la disposition du Rappel, auquel j’entends remettre toutes les sommes que me transmettra M. Michaëlis, versement par versement, jusqu’au paiement intégral des 40 000 francs remboursés par moi pour les Quatre Vents de l’Esprit[4].

À demain, chez Auguste. — À toujours, ami !

V. H.

J’ai remis hier à Claye la fin du tome 1er, à clicher[5].


À Louise Colet.


10 novembre. Paris.

Vous m’avez adressé de belles et puissantes strophes, naturellement impossibles à publier, vu l’état de siège et l’imbroglio (étymologie, broglie)

  1. Communiquée par la librairie Cornuau.
  2. Inédite.
  3. Pour les traductions en anglais, en polonais et en suédois, de Quatrevingt-treize.
  4. Par un traité passé le 27 septembre 1868, Victor Hugo devait céder à l’éditeur Lacroix un volume de vers moyennant 40 000 francs que Lacroix versa en avril 1869. À la suite des mauvais procédés de l’éditeur pour la mise en vente de L’Homme qui Rit, Victor Hugo voulut reprendre sa liberté et offrit de rembourser les 40 000 francs (plus 5 p. 100 d’intérêts). Lacroix refusa. Ce ne fut qu’en octobre 1870 que la Société du Rappel parvint à se substituer à Lacroix en lui rachetant ses droits. Les événements empêchèrent la publication immédiate ; en 1873, Victor Hugo désintéressa le Rappel et rentra en possession de son œuvre qui ne parut que le 31 mai 1881.
  5. Bibliothèque Nationale.