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diens-poëtes qui commence à Thespis et arrive à Molière. Plusieurs des pages qu’il a laissées entreront dans l’Anthologie française. Il y avait dans cette âme de poëte des côtés exquis et généreux. Le voilà mort. Il laisse une veuve pauvre. Vous consolerez cette tombe en secourant cette veuve.

Je vous demande une pension pour Mme Glatigny, et je vous serre la main.

V. H.[1]


À Paul Meurice.


H.-H., 30 avril.

Comme toujours votre avis fait loi pour moi. Donc j’accepte Dumaine. Vous pouvez, quand vous vous rencontrerez avec MM. Ritt et Larochelle, le leur dire. Il n’y a pas d’ailleurs autre chose à faire. Dumaine a un vrai talent, et je suis convaincu qu’il se fera accepter par le public dans Triboulet, comme il est accepté par moi. Frédérick jouera Saltabadil. Qui jouera Blanche ? Mme Judith Mendès me recommande M. Marc pour le rôle de St-Vallier. Quel est votre avis ? — J’ai écrit à Jules Simon pour Mme A. Glatigny. Je vous envoie copie de ma lettre. Vous pouvez la montrer à Mme Glatigny. — Me voilà soupirant après Jeanne d’Arc. Quand nous la rendrez-vous ? Il y a du reste beaucoup de talent et d’observation dans Riches et Pauvres. — Mon Victor va mieux. Il me viendra, j’espère. Et vous ? — Merci pour toutes les choses bonnes, charmantes et utiles, que vous m’écrivez. Je vous envoie tout mon vieux cœur, o dulcissime[2] !


À Robelin.


Hauteville-House, 1er mai 1873.

Mon bon Robelin, je vois bien qu’il faut que je finisse par me confesser à vous. Je le fais de bonne grâce. Seulement, gardez-moi le secret. Vous seul allez connaître ma situation à fond.

La voici :

À la suite d’une liquidation désastreuse, j’ai dû prendre avec la Banque nationale de Belgique les engagements que vous allez voir :

  1. Gustave Simon, fils de Jules Simon, a fait cadeau de cette lettre à Louis Barthou. Elle a ensuite fait partie de la vente de la collection Louis Barthou.
  2. Correspondance entre Victor Hugo et Paul Meurice.