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due. Vous êtes un des fondateurs de la République de 1848, vous êtes un des fondateurs de la République de 1870, et vous êtes mon ami. Entre Crémieux et Victor Hugo, je vote pour Crémieux.

Victor Hugo.

Vous pouvez publier ma lettre[1].


À Paul Meurice.


H.-H., 1er octobre.

Cher Meurice, d’abord, voyez, vous et Vacquerie, votre toute-puissance sur moi. Du moment où M. Geffroy devient difficile, je n’insiste plus, et je donne le rôle de Louis XIII à M. Bressant. Vous pouvez en informer M. Perrin.

Cela dit, je passe en Algérie. Je n’ai lu qu’aujourd’hui la très belle lettre écrite au nom des électeurs. Or, c’est hier que j’ai reçu le télégramme de Crémieux, et il suffit de lire ma réponse pour voir qu’elle est de celles sur lesquelles on ne revient pas. Vous le comprenez, n’est-ce pas ? Je n’en suis pas moins très touché de la lettre algérienne, et je pense qu’à la suite du télégramme de Crémieux et de ma réponse, il faudrait publier quelque chose comme la note que voici. Vacquerie et vous lisez cette note, ajoutez ou retranchez. Ce que vous ferez sera admirablement fait.

Lockroy est parti hier soir, et Victor est parti ce matin. Cette lettre vous arrivera pêle-mêle avec eux.

Maintenant, cher frère et cher maître, je vous attends et je vous demande vos quinze jours. Exaudi me.

V.

Il fait un temps superbe[2].

  1. Crémieux fut élu et envoya le même jour cette lettre à Victor Hugo :
    Assemblée nationale, 11 novembre 1872.
    Cher et illustre ami,
    « Entre Victor Hugo et Crémieux, je vote pour Crémieux. Victor Hugo. »
    Le candidat de Victor Hugo est admis à l’instant même dans l’enceinte que les électeurs républicains lui ont rouverte.
    Je vous envoie sa première pensée. Il y avait entre Victor Hugo et Crémieux une amitié à l’abri de toute atteinte ; la voilà plus étroite encore.
    À vous d’estime et de cœur.
    Ad. Crémieux.
  2. Bibliothèque Nationale.