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l’État, la force politique se prouve par la clémence. C’est ma pensée, et c’est la vôtre ; je suis heureux de cet accord.

Recevez mon plus cordial serrement de main.

Victor Hugo[1].


À XXX[2].


Paris, 3 mai 1872.
Cher confrère et cher concitoyen,

Votre lettre, par je ne sais quel fâcheux hasard, m’est arrivée bien en retard. La mienne vous parviendra-t-elle à temps ? J’en doute. Je veux pourtant que vous sachiez ma profonde sympathie. Votre cause est la cause même de la presse, et sans la presse pas de progrès. Si le progrès est nécessaire, c’est, à coup sûr, dans votre Afrique, où il s’agit d’inoculer la France, c’est dans votre midi à demi oriental où il s’agit d’acclimater la civilisation. Les écrivains sont les travailleurs du progrès. Loin de les entraver, on doit les aider. Rien de plus funeste aux pays neufs que les persécutions dirigées contre la pensée. C’est de pensée que votre Afrique a besoin. Les hommes de liberté sont des hommes de lumière.

C’est de tout mon cœur que je réponds à votre appel et que je vous apporte mon concours. J’aime votre Afrique française. Mon rêve serait de la visiter un jour !

Je serais heureux de vous y serrer la main.

Victor Hugo.


À Jules Claye.


12 mai.

Quels charmants vers, et comment vous remercier, cher confrère et camarade ! Je n’ai pas même en ce moment l’Année Terrible sur papier ordinaire. Vous, la source des livres, envoyez-moi l’exemplaire sur Hollande ou Chine, à votre choix, et je le signerai.

Recevez mon plus cordial serrement de main.

Victor Hugo.

J’écrirai à M. Roussel de Méry. Remerciez-le en attendant[3].

  1. Les Annales politiques et littéraires, 31 mai 1885. — Archives de la Comédie-française.
  2. Le Siècle du 2 mars 1902, qui reproduit cette lettre, ne donne pas le nom du destinataire.
  3. Bibliothèque Publique. Leningrad. Colletion P. Waxel. — Communiquée par la Société des Relations culturelles entre l’U. R. S. S. et l’étranger.