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aimé Charles. N’importe. Je ferai face à tout. En attendant, ex imo corde, merci.

J’espère être en mesure de vous envoyer demain ce que vous me demandez pour le volume Actes et Paroles, à cela près de quelques pièces. La lettre adressée à vous et à Auguste ne sera pas la conclusion, vu qu’elle a pour date mai.

Que dites-vous de l’affaire inouïe des tableaux du Louvre volés par Victor, recelés par moi[1] ? La farce du 27 mai est presque arrivée à la tragédie, celle-ci dépasse la comédie. Je ne croyais pas qu’il y pût avoir quelque chose au-dessous de la magistrature française. Hé bien, il y a la magistrature belge.

Quelle éclipse que votre départ ! comme nous vous aimons ! comme je vous aime !

V.

Ces dames embrassent tendrement madame Meurice. Mettez-moi à ses pieds. À bientôt.

Oui, si cela durait, il faudrait mettre ces gens en demeure de vous laisser reparaître[2].


Au même[3].


1er août.

Voici tout le fascicule qui contient l’incident belge. J’ai tâché de ne mettre que le nécessaire. J’ai ôté le nom de La Cecilia[4], vu sa réclamation.

Ce qui me reste à donner pour compléter le volume fera à peu près autant de matière que ce fascicule. Un peu plus peut-être.

Cher doux ami, je vous serre dans mes bras.

Tuissimus.
  1. Le carnet de Victor Hugo, à la date du 26 juillet, expose le fait suivant : « Le gouvernement belge, à la requête du gouvernement français, fait une instruction judiciaire non pour savoir qui a tenté de m’assassiner dans la nuit du 27 mai, mais pour savoir si les quelques petits tableaux que Victor a dans sa chambre depuis 1865 n’ont pas été volés au Louvre depuis le 18 mars 1871. Le juge d’instruction de ça est un nommé Cellariez. Victor serait le voleur, je serais le receleur. 3 août. La justice belge renonce à nous accuser d’avoir volé le Louvre. Ordre de rendre à Victor ses tableaux ».
  2. Bibliothèque Nationale.
  3. Inédite.
  4. Le général La Cecilia était allé à Vianden protester près de Victor Hugo contre une accusation publiée dans l’Indépendance belge. Voir Notes d’Actes et Paroles, Depuis l’exil. Édition de l’Imprimerie Nationale.