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viez venir plusieurs, vous savez ce que je veux dire, comme ce serait charmant ! On est très bien ici pour 6 francs par jour. Dites-le aux amis. Mme Meurice a été admirable ; parbleu ! je le crois bien ! Je me mets à ses pieds. Que je serais heureux de la voir ! Tout notre groupe vous embrasse éperdument, elle et vous. Grand esprit, grand cœur, doux frère et doux maître, je vous aime.

Oui, j’ai bien fait de protester, et j’ai arrêté net la lâche reculade du gouvernement belge. Il admet maintenant les vaincus. Aussi j’ai écrit de lui (dans ma lettre finale) : Il m’a expulsé, mais il m’a obéi. Avez-vous lu cette lettre ? Que de choses à vous dire !

Je vous embrasse, je vous embrasse. Arrivez[1] !


Au même[2].


Vianden. Hôtel Koch, 1er juillet 1871.

Victor est revenu hier, venez, et la famille sera complète. Vous aurez, vous et madame Meurice, chacun une chambre, à l’hôtel de Luxembourg ou chez M. Pauly Strasser, bourgmestre, l’hôtel Koch étant plein. (Je loge moi-même dans une maison à côté.) Vous resterez avec nous le plus longtemps possible, et vous me permettrez de vous inviter à déjeuner et à dîner tous les jours, et tout le temps de votre séjour. Que de choses à nous dire ! Les journaux publient une liste radicale commençant ainsi : Victor Hugo, Gamhetta. — Mais… Enfin nous causerons. M. Le Bailly éditeur, a dû vous remettre 100 fr. pour moi, prix d’une autorisation qu’il m’a demandée pour Vieille chanson du jeune temps. L’Institut a-t-il payé ce semestre ? Je n’oublie pas la traite de 1 000 fr. que j’ai souscrite au Rappel. Encore bien des choses à régler. Quel besoin de vous voir ! et quelle joie ! Doux ami, je vous serre dans mes bras. Tous nous vous crions : venez vite !

V.[3]


Au même[4].


Vianden, 29 juillet.

J’accepte votre offre excellente pour cette traite de 1 806 fr. C’est là une de ces tuiles comme il n’y en a que trop dans la liquidation de mon bien-

  1. Archives de la famille de Victor Hugo.
  2. Inédite.
  3. Bibliothèque Nationale.
  4. Inédite.