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À Swinburne.


Hauteville-House, 24 nov. 1869.
Mon cher et cordial confrère.

Votre admirable article sur l’Homme qui Rit, traduit par Le Courrier de l’Europe, a été reproduit en France et en Belgique et a fait grande sensation. Comment vous remercier pour cette autre page excellente qui répond à la puérile et ignorante critique du Times, et que le Daily Telegraph a publiée ! En ce moment on me traduit vos magnifiques strophes Intercession, et je ne puis résister au bonheur de vous envoyer mon applaudissement.

Votre ami.

Victor Hugo[1].


À Théodore de Banville[2].


Hauteville-House, 26 nov. 1869.

J’ai reçu votre envoi, cher poëte. Quelle gerbe éblouissante[3] ! Que de vers charmants et que de grands vers ! Voilà du soleil pour mon hiver. Merci.

Tuus.
Victor H.[4]


À Charles.


H.-H., 27 novembre.

Ta réponse à Rochefort est un chef-d’œuvre[5]. Notre hôtesse enthousiasmée nous l’a lue hier au dessert. Kesler pleurait. C’est une page

  1. Communiquée par le British Museum. Londres.
  2. Inédite. — Ne se rappelant plus l’adresse, Victor Hugo avait simplement écrit : Monsieur Th. de Banville. Paris. Puis il avait ajouté dans un coin : Au besoin demander l’adresse chez M. Alph. Lemerre, éditeur, 47, passage Choiseul.
  3. Nouvelles Odes funambulesques.
  4. Communiquée par la librairie Cornuau.
  5. En novembre 1869, Rochefort, à qui ses électeurs reprochaient d’avoir fait des concessions au cléricalisme en acceptant d’être le parrain de l’enfant de Charles Hugo, s’en défendit en affirmant qu’il n’avait fait que céder aux supplications du père. Il s’était d’ailleurs séparé de ses co-fondateurs, avait quitté le Rappel et fondé la Marseillaise. Charles Hugo répondit dans le Rappel du 25 novembre par une lettre ouverte pleine de tact où il remit affectueusement, mais fermement, les choses au point.