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Voulez-vous être assez bon pour rappeler à M. Lacroix qu’il doit m’envoyer 10 exemplaires de l’Homme qui Rit, édition parisienne. Voilà donc la combinaison avortée ! Avoir un succès sûr dans la main, et le remplacer par un fiasco, quel beau talent d’éditeur ! L’Homme qui Rit s’en relèvera, j’espère, mais Lacroix, point. Nous attendons notre n° 3 manquant !

Et encore une fois, je vous embrasse[1] !


Au même.


H.-H., 12 mai.

Bravo à Rochefort ! sa déclaration est ferme et haute[2]. Bravo à vous ! votre commentaire est superbe. Quelle ingratitude si Rochefort n’est pas nommé ! — Le Rappel va de mieux en mieux. « Succès éclatant », dit Le Phare de la Loire. À ce propos une réflexion. Le Figaro et Le Gaulois ont d’abord porté aux nues l’Homme qui Rit. « Chef-d’œuvre », a dit Le Gaulois. « Livre admirable », a dit Le Figaro. Depuis que Le Rappel paraît ayant en feuilleton l’Homme qui Rit, le point de vue a changé. — « Ouvrage ridicule », dit Le Figaro (Don Quichotte) ; « absurde », reprend Le Gaulois (Assolant, qu’on appelle aussi assommant). Que dites-vous de la touchante entente cordiale des deux boutiques ?

Voulez-vous prendre la peine de lire la citation que voici. (Figaro mai.) Seriez-vous d’avis de mettre la chose avec ces quelques lignes de moi, sous les yeux de M. Lacroix dont le jeu devient décidément bien bizarre. Inexplicable, c’est votre mot. Êtes-vous d’avis de la lui transmettre vous-même, ou de la lui envoyer par Guérin ? Décidez de tout cela en Providence que vous êtes. Que c’est bon de causer tous les jours dans le charmant et vaillant Rappel avec tous vos grands esprits !

Je suis à vous profondément.

V.[3]


À François-Victor.


H.-H., 14 mai.

Mon Victor, je veux, comme à Charles, t’envoyer mon cri de joie. Ton premier article est ravissant de force, de hauteur et d’esprit, l’assimilation des époques est admirablement réussie, et tu peins 1869 sous le pseudonyme de 1789 avec une si parfaite exactitude que Ruy Blas lui-même s’y

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Aux électeurs de la septième circonspection.
  3. Correspondance entre Victor Hugo et Paul Meurice.