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Le tome IV, utile et nécessaire à la grandeur de l’ensemble, est un de ceux que je préfère ; mais il est plutôt mœurs et histoire et étude du cœur humain que drame.

Gardez pour vous, je vous prie, ces appréciations qui me sont personnelles. Somme toute, j’ai été charmé de ce que vous, ainsi que Vacquerie, m’avez écrit, et je crois aussi, moi, à un effet assez profond.

En librairie, traduisez : grand succès. C’est votre pronostic, et le mien.

Je dois vous prévenir que l’envoi direct du reste du manuscrit à Paris, bien plus coûteux que par Bruxelles, atteindra environ 200 fr., ce qui fait que l’envoi total finira de la sorte, en additionnant le chiffre du premier envoi, par vous coûter près de 300 fr. Songez-y.

Je vous enverrai le tome deux, dès que vous aurez pris votre parti.

Je vous souhaite fortune et succès et je vous envoie mille vœux et mille compliments.

V. H.[1]


À Monsieur Pigott,
directeur du Daily News.


Hauteville House, 12 janvier.
Cher monsieur Pigott,

C’est dans son intérêt que je ne puis accorder à M. Dallas ce qu’il désire.

L’Homme qui Rit va être partout, et mon livre ne sera connu que sous ce titre. Par ordre du Roi dérouterait le public anglais. Rappelez-vous l’immense éclat de rire qui a bafoué en Europe la traduction anglaise changeant le titre de Notre-Dame de Paris. Si l’Homme qui Rit est intraduisible, il faut intituler la traduction anglaise : L’Homme qui Rit, en français , comme on a fait pour les Misérables, titre intraduisible également. Nous, en France, nous avons respecté le titre de Rob-Roy que nous aurions pourtant pu traduire par Robert-le-Rouge.

M. Dallas, qui est un homme intelligent et très distingué, réfléchira et sera certainement de mon avis : maintenir l’Homme qui Rit.

Que de remerciements je vous dois, et quel excellent ami vous êtes !

Cordial shake-hand.

Victor Hugo.[2]
  1. L’original est relié dans le manuscrit de L’Homme qui Rit. — Bibliothèque Nationale.
  2. Synthèses, juin 1950.