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Je réponds à votre question. J’ai appris ma nomination de pair le 16 avril 1845. Vingt ans auparavant, jour pour jour, j’avais appris, presque de la même façon, que j’avais la croix. Je ne note ce détail que parce que Lamartine et moi fûmes nommés de la Légion d’Honneur le même jour (16 avril 1825) et seuls ensemble.

Quant à mes paroles qui ont peut-être un peu ramené les Bonaparte, lisez-les dans la collection de mes discours que je vous envoie (bon sur Lacroix). Lisez aussi (Tome II) depuis la page 33 jusqu’à la page 59.

Je suis à vous du fond du cœur.

V. H.

Votre discours sur les fortifications de Paris est très beau, style excellent, haute pensée[1].


À Monsieur Émile Péhant.


H.-H., 11 décembre 1868.

Heureusement pour vous, monsieur, vous vous êtes trompé en vous vantant d’avoir dans votre poëme[2] supprimé la métaphore. La métaphore, c’est-à-dire l’image, est la couleur, de même que l’antithèse est le clair-obscur. Homère n’est pas possible sans l’image, ni Shakespeare sans l’antithèse. Essayez d’ôter le clair-obscur à Rembrandt ! Vous êtes un peintre, monsieur, tant pis si cela vous fâche, et vos belles pages, nombreuses dans votre noble poëme, ont toutes les vraies qualités du style, la métaphore comme l’antithèse, la couleur comme le clair-obscur. Votre drame n’en est que plus vivant, votre pensée n’en est que plus robuste ; le lecteur est toujours charmé et souvent conquis. Je félicite votre poëme d’être infidèle à votre préface, et je vous envoie mon cordial applaudissement.

Victor Hugo[3].


À Monsieur Canellopoulo[4].


Hauteville-House, 19 décembre 1868.
Monsieur,

Votre lettre éloquente m’a vivement touché. Oui, vous avez raison de

  1. Archives de la famille de Victor Hugo.
  2. Jeanne la Flamme.
  3. Léon Séché. — Alfred de Vigny et son temps.
  4. Cette lettre a été publiée au chapitre premier des Actes et Paroles (1869), comme étant adressée à M.Volondaki, président du gouvernement provisoire de la Crète ; puis elle a été insérée par erreur dans la Correspondance, à la date du 12 janvier 1869. Nous la donnons ici d’après l’Indépendance hellénique du 31 décembre 1868, journal relié dans le manuscrit de Pendant l’exil. Reliquat. — Bibliothèque Nationale.