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J’ai reçu d’Espagne des lettres enthousiastes, force journaux, (tous ont reproduit mon speech) des adresses collectives, de Saragosse, de Barcelone, etc. M. Rodriguez, correspondant du Courrier de l’Intérieur, m’écrit qu’il vote pour une République, à condition que j’en sois Président. Je crois la République un peu relevée en Espagne (et fort relevée en France). Tout va bien.

Votre idée d’un journal littéraire ayant droit de parler politique serait excellente. Il faudrait cette entente des grands journaux libéraux et démocratiques dont vous me parlez.

Je prévois que je vais vous donner encore l’ennui de corriger mes épreuves. Quand vous rendrai-je tout ce que je vous dois !

Ils ont beau faire. Cadio est une chose exquise et forte.

Et je signe.

V. H.


À Jean Aicard[1].


H.-H., 17bre.

Cher poëte, merci. J’ai le pauvre petit être ; voilà ses yeux, voilà ses ailes[2]. Vous m’aviez déjà envoyé son âme dans des vers charmants. Je suis bien profondément touché de toutes les formes délicates de votre affection pour moi. Je savais le grand succès de votre parole dans le midi. M. Gilles La Palud me l’avait écrit ; il m’avait même annoncé l’envoi d’un journal que je n’ai pas reçu. Dites-le lui si vous lui écrivez. Quand vous verrai-je ? Je suis ici. Je travaille. On m’a laissé seul. L’abandon, c’est le destin du vieux. Je ne puis bien travailler qu’ici. Ma famille, c’est mon bonheur. Il fallait choisir entre ma famille et mon travail, entre mon bonheur et mon devoir. J’ai choisi le devoir. C’est la loi de ma vie.

Je salue votre noble esprit.

V. H.[3]


À Victor Mangin,
Rédacteur en chef du Phare de la Loire.


Hauteville-House, 18 novembre 1868.
Cher confrère,

Y tenez-vous ? Voici la vérité sur mes 78 000 francs de rente. Je dis volontiers mes affaires à vous qui êtes un ami.

  1. Inédite.
  2. Allusion sans doute à la mort du premier petit-fils de Victor Hugo.
  3. Communiquée par M. Léon de Saint-Valery.