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puisqu’ils m’ont fait rester près de vous. En voyage aussi, j’espère, nous serons ensemble. Va donc pour mon tiers. Au reste, je ne suis que votre intendant. De là mes précautions, qui m’ont fait taxer d’avarice, avarice qui songe à l’avenir et aux enfants, la même avarice que je recommandais et que je recommande à notre cher Rochefort. Sa Lanterne est toujours ma joie. Remettez-lui ce mot. — Envoyez l’autre à M. Alb. Millaud dont j’ai oublié l’adresse, et qui vient, à ce qu’il paraît, de perdre sa mère ou sa grand’mère. Vous ferez bien d’ajouter quelques lignes et vos signatures à mon billet. — Quant aux trois chevaux, si vous insistez, je vous les enverrai, mais ne pensez-vous pas qu’à moins d’urgence, il ne faudrait plus rien publier d’ici à mon livre Par ordre du Roi ? Je reçois d’Espagne des lettres enthousiastes. M. Rodriguez, correspondant du Courrier de l’Intérieur, m’écrit qu’il veut ma république, à condition que j’en sois président. — Parlez-moi de mon doux Georges. Je vous embrasse, chère Alice. Je t’embrasse, mon Charles, je t’embrasse, mon Victor.

V.[1]


À Paul Meurice.


H.-H., dim. 15 [novembre 1868].

Cette lettre que je reçois semble indiquer qu’il y a eu retard de la poste, et que le 12 mon billet d’avis r. de Rivoli n’était pas arrivé. Ô ma providence, voulez-vous être assez bon pour vous informer et pour obvier. J’ai vu les chiffres que vous avez eu la bonté de me transmettre. Je vois que je suis assez obéré.

Voudrez-vous bien pourtant remettre pour moi à M. Peyrat les 40 fr. de ma souscription Baudin. Je pense que ma lettre n’a pas été interceptée et que vous avez vu ma souscription dans l’Avenir national. C’est une grosse affaire pour L. B. que ce monument à Baudin. L’envers de cette gloire est sa honte.

Je suis absolument de votre avis, très justement unanime, quant au titre : Par ordre du Roi ; l’Homme qui Rit vaut beaucoup mieux. En choisissant d’abord Par ordre du Roi je voulais accentuer tout de suite la portée démocratique du livre. Cet effet est, je crois, maintenant produit, et je puis sans inconvénient, comme vous l’indiquez et comme je l’avais moi-même toujours cru meilleur, donner au livre le titre : L’Homme qui Rit, et à la deuxième partie le titre : Par ordre du Roi. Si vous rencontrez Lacroix avant que je lui aie écrit, dites-le lui.

  1. Bibliothèque Nationale.