Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome III.djvu/122

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


en journaux politiques, et là, mon attache nuirait plus qu’elle ne servirait. Même à un journal littéraire, mon drapeau sera dangereux. Cependant ceci :

1830
Journal littéraire


aurait, je crois, chance de succès. Et si vous y étiez, les quatre de l’Événement, ce serait éclatant. Tel est mon verdict. — J’attends le fusil de cet excellent et admirable Morisseaux[1]. — Je vais vous commander une nouvelle pièce de vin. Il ne faut pas le coller. Il vous arrive collé. Et un double collage lui ôte de la qualité. (Recommandation Dargaud).

Mon Victor, à quand ton Académie ? Que fais-tu, mon Charles ? Ici, tout est bien. Je travaille à force. Je suis debout dans ma chambre de verre au point du jour. — Je regrette que rien n’ait abouti avec Mme Atwood de votre côté. Elle a fort bien payé M. Kesler.

Dumas a publié dans son d’Artagnan comme lui étant adressée en ce moment une lettre que je lui avais écrite en juillet à propos de Hernani. Il en a fait une félicitation pour Kean en supprimant la date. — Mais cela importe peu. — J’avais écrit à M. A. Sirven mon cher confrère, il a imprimé ma lettre en me faisant lui dire mon cher ami. Cela encore importe peu. M. A. Sirven est du reste vaillamment sur la brèche. — Meurice ne m’avait demandé aucune coopération pécuniaire à un journal, mais, consulté par lui, je discutais la question. De là ma lettre. - Oui, votre mère me paraît hors de crise, et j’en suis tout heureux. Qu’Alice se porte bien, et porte bien le tome II inédit, que mon Georges continue ses prouesses de dents et de marche (il a tant d’esprit ! dit sa mère d’ici) et que vous m’aimiez tous, voilà ce que je demande aux dieux[2].

Mon dividende de mars 1868 n’est que de 26 550 fr. (banque nationale).

L’an dernier, 300 actions eussent fait près de 30 000 fr.


À Paul Meurice.


H.-H., dimanche 15 mars.

J’ignore l’adresse de Michelet. Voulez-vous être assez bon pour lui transmettre ce mot. Voilà Michelet aussi qui rabâche la décadence. J’en suis fâché pour lui. Cela a l’air de se sentir morveux. Moucher un siècle comme le nôtre, je m’étonne que Michelet fasse cela. Il a trop de talent pour cette besogne de Veuillot. Veut-il parler de l’empire ? alors qu’il précise. Mais l’attaque

  1. Morisseaux, armurier, avait envoyé à Victor Hugo un fusil de chasse ouvragé et damasquiné. Ce fusil est à la Maison de Victor Hugo.
  2. Publiée en partie dans Actes et Paroles. Pendant l’exil. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.