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1868.


À François Coppée.


5 janvier 1868.

Au moment où je vous envoyais ma poésie irritée, vous m’adressiez votre poésie charmante. La Voix de Guernesey rencontrait en chemin votre douce idylle du soldat et de la servante[1]. Mon éclair se croisait avec votre rayon.

Puissance du poëte ! Voilà le pioupiou et la bonne d’enfants transfigurés. On n’en rira plus.

Quelle élégie vous avez tirée de ces silhouettes jusqu’ici grotesques ! Melancholia. Il faut toujours en revenir à la grande chauve-souris idéale d’Albert Dürer. La tristesse est notre rideau de fond. La vie se joue devant ; Dieu est derrière. Espérons.

Je vous serre les mains, cher poëte.

Victor Hugo.

Voudrez-vous remettre ce pli à M. Paul Verlaine, votre ami et le mien[2].


À Madame Mary Floris.


Hauteville-House, 5 janvier 1868.

Si vous ressemblez à votre lettre, Madame, vous êtes charmante. Votre âme est dans votre lettre, et j’y crois voir aussi votre beauté. Je suis à vos ordres et je me mets à vos pieds.

Victor Hugo.

Voici ce que vous avez bien voulu me demander[3].


À Jules Lermina.


Hauteville-House, 9 janvier 1868.

Mon jeune et brillant confrère, vous complétez votre œuvre démocratique. À la propagande littéraire vous allez joindre la propagande politique[4].

  1. Le soldat et la servante. Enregistré dans la Bibliographie de la France, décembre 1867.
  2. Mondain-Monval. — Victor Hugo et François Coppée. Revue Hebdomadaire, juin 1910.
  3. Communiquée par M. Matarasso.
  4. Jules Lermina voulait fonder le Globe politique, littéraire et artistique. Ce journal parut en effet le 14 janvier 1868, à la date du 15, mais le nom de Lermina n’y figure pas.