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me défend toujours de le voir, mais j’ai fréquemment de ses nouvelles, et j’ai pris les mesures pécuniaires nécessaires pour qu’il ne manque de rien.

Adieu, mon excellent oncle. Nous vous embrassons tous de tout cœur.

Victor[1].
5 mai [1832]. Paris.


À Sainte-Beuve.


17 mai [1832].

Je pense, mon cher ami, que vous avez vu Renduel[2] et qu’il vous a dit ce dont je l’avais chargé. Jusqu’à présent je n’ai proposé votre article aux Débats[3] qu’avec une extrême réserve en maintenant tous les privilèges dus à votre talent, et en demandant que l’article fût accepté sur votre nom sans être lu au préalable. Cependant M. Bertin l’aîné, qui a, vous le savez, la plus haute et la plus profonde estime de ce que vous faites et de ce que vous êtes, m’ayant témoigné hier le désir de lire l’article, uniquement pour voir s’il ne renfermait rien de contraire à la couleur politique du journal, je ne pense pas qu’il faille le lui refuser. Je le lui remettrai donc, si vous ne me le défendez pas. M. Bertin est on ne peut plus disposé à insérer, et je suis convaincu que l’article passera. Sinon, je compte toujours sur votre bonne intention pour le National. J’ajouterai ici, en confidence, que le désir de vous avoir aux Débats comme rédacteur littéraire me paraît très grand et perce dans tout ce qu’on me dit. Tenez ceci bien secret. Qu’en pensez-vous de votre côté ?

Maintenant, vous serait-il possible d’ajouter à votre admirable article une page, n’importe où, à la fin par exemple, pour parler de l’édition en elle-même, des nouvelles préfaces, notamment de celle du Dernier jour d’un condamné qui a quelque étendue, sinon quelque importance, et pour dire que lorsque la réimpression nouvelle de Notre-Dame de Paris paraîtra, le journal en reparlera, ainsi que des trois chapitres nouveaux qui sont très longs, et où figure Louis XI. Ceci est dans l’intérêt matériel de la chose et

  1. Bibliothèque nationale.
  2. Renduel fut le grand éditeur des romantiques ; il commença à être apprécié vers 1830 ; il sut attirer les auteurs à succès (Balzac, Victor Hugo, Théophile Gautier, etc.), et deviner les gloires naissantes. Vers 1840, il dut se retirer, sa santé ne lui permettant pas de continuer.
  3. Article sur l’édition Renduel des romans de Victor Hugo. Cet article parut le 24 juillet 1832 dans le Journal des Débats.