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et d’humilité simple. Il a dit, de mémoire, avec un peu de pompe, quelques phrases qui ont été accueillies par des très bien ! À la tribune, l’effet de la soutane est divers : avec l’abbé Parisis, elle porte respect ; avec l’abbé Fayet, elle fait rire.

L’abbé Fayet est un bonhomme, vraie bête à bon Dieu, qui ressemble plus à un hanneton qu’à un évêque. À l’Assemblée, il va de banc en banc, s’assoit sur les chaises des huissiers, rit avec les bleus, avec les blancs, avec les rouges, rit avec tout le monde et se fait rire au nez par tout le monde. Il a une calotte de velours noir, des cheveux blancs qui sont vénérables malgré lui, un accent gascon, et il monte à la tribune en se mouchant dans un vaste mouchoir de couleur qui a toute la mine d’un mouchoir d’invalide. On rit. Il dit en gasconnant que le grand danger de l’époque c’est l’école romantique. On rit. Il propose un amendement. On rit. — Est-il appuyé ? — Non ! non ! — Il descend de la tribune et se mouche. On rit.

Voilà nos deux évêques.