Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome I.djvu/404

Cette page a été validée par deux contributeurs.


noms. Je les ai écrits ; il a pris la plume de mes mains et a ajouté ceci : Ordre au général Bertrand de surseoir immédiatement. Gal C.

Il a écrit sursoir, mais qu’importe que l’orthographe soit mauvaise si l’action est bonne.




17 septembre 1848.

On dit dans l’Assemblée nationale qu’il y a quatre évêques parmi nous : Fayet, évêque d’Orléans ; Graveran, évêque de Quimper ; Parisis, évêque de Langres, et Montalembert. Les gens de la droite appellent Fayet lætificat, Graveran tædificat, Parisis ædificat, et Montalembert magnificat.




Septembre 1848.

L’autre jour on causait au banc des ministres. On parlait femmes. M. Dupin aîné flânait aux alentours. M. Vaulabelle, le ministre de l’Instruction publique, contait un peu ses bonnes fortunes, tout en dissimulant sous des théories sa pratique. Il convenait qu’il fallait payer, mais, disait-il, les femmes se rendent plus aisément aux beaux et aux aimables qu’aux laids et aux fâcheux. On paie plus ou moins cher selon l’homme. — Oui, dit Dupin intervenant, tant vaut l’homme, tant vaut la belle.




5 octobre 1848.

On se passait ce quatrain fait avec le mot de Dupin :


Un ministre aux désirs ardents
Prend chaque soir femme nouvelle.
Il lui donne jusqu’à trois francs ;
Tant vaut l’homme, tant vaut la belle.




21 septembre 1848.

Deux évêques ont parlé aujourd’hui, l’abbé Parisis, évêque de Langres, et l’abbé Fayet, évêque d’Orléans. — Il s’agissait de la liberté d’enseignement.

L’abbé Parisis, homme au visage coloré, aux cheveux gris, aux gros yeux bleuâtres et ronds à fleur de tête, porte ses cinquante-cinq ans d’un air où il entre plus de gravité ecclésiastique et d’humilité officielle que de gravité vraie