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LE MANOIR

CHAPITRE XIII

AU MANOIR DE CHAMPLAIN


Le manoir de Champlain avait une tourelle contenant une horloge, qui, pour le moment, était arrêtée. DuPlessis en fut surpris, car, parmi ses petits caprices, le vieux seigneur avait celui de vouloir connaître d’une manière exacte la marche du temps. DuPlessis entra dans la cour et vit venir à lui Armand Papillon, vieux serviteur de confiance de M. Pezard de la Touche.

— Le ciel nous protège ! C’est vous, M. DuPlessis ?

— Le noble seigneur serait-il plus malade ?

— Plus malade ? Non, il mange comme à son ordinaire, mais il est dans une sorte d’assoupissement dont on ne peut le tirer. Tout lui est indifférent ; il ne veut toucher ni au trictrac ni au galet. Je me suis avisé d’arrêter l’horloge, pensant qu’il s’apercevrait que les heures, qu’il avait l’habitude de compter, avaient cessé de sonner. Il n’y a fait aucune attention. Je me suis hasardé à marcher sur la queue de Chasseur, dans l’espoir de le mettre en colère. Eh bien, il n’a pas paru entendre les cris du chien.

— Entrons dans la maison, Armand, je vais voir M. de la Touche. Fais conduire mon compagnon au petit salon ; et qu’on le traite convenablement : c’est un artiste.

— Je voudrais, M. DuPlessis, que ce fût un artiste en magie noire ou blanche, et qu’il eût quelque secret pour soulager mon pauvre maître. Hé ! Pierrot, dit-il à un autre domestique, prends soin de cet artiste, et, ajouta-t-il tout