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MYSTÉRIEUX
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ma chambre pour me faire un peu de toilette. Monsieur Deschesnaux, et vous, monsieur Cambrai, je vous invite à une collation, ce soir, dans ma salle, avec M. Hocquart. Donnez les ordres nécessaires pour sa réception.

Puis elle se retira suivie de Louise.

— Me diras-tu, demanda alors Deschesnaux, comment DuPlessis s’est trouvé ici ?

— DuPlessis ? Qui est DuPlessis ? dit Cambrai.

— Comment, sans-génie, tu ne sais pas que c’est le capitaine auquel le vieux seigneur de Champlain avait destiné sa fille, mademoiselle Pezard de la Touche ? Il venait ici pour la ramener à son père, évidemment. Il faut prendre des précautions, car il n’est pas homme à souffrir impunément un affront. Heureusement, il ne sait pas que c’est M. Hocquart qui est le mari de son ancienne fiancée ; il ne soupçonne que moi. Mais, encore une fois, comment s’est-il trouvé ici ?

— Ne m’avez-vous pas chargé, M. Deschesnaux, de vous chercher un homme qui eût une bonne mine et une conscience sans scrupule ? Je m’en suis occupé, et le ciel a voulu que ce grand drôle de Michel Lavergne, qui est sous tous les rapports votre affaire, soit arrivé ici pour réclamer impudemment les droits d’une ancienne connaissance, et je l’ai admis pour vous faire plaisir.

— Mais cela ne me dit pas, Cambrai, comment DuPlessis s’est trouvé ici…

— Je n’en sais vraiment rien, moi non plus. Ils sont venus ensemble, et pendant que je parlais d’affaires sérieuses avec Lavergne dans ma chambre, ce DuPlessis a eu un bout de conversation avec madame.

— Misérable ! tu nous a perdus tous les deux, s’il faut que les litanies de ce nigaud aient décidé madame à retourner chez son pè-