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LE MANOIR

de songer à enlever cette pauvre femme du pouvoir de ce Deschesnaux.

— Vous avez raison, reprit M. de Beauharnais, car je la crois en d’assez mauvaises mains.

— Excellence, soupira M. Hocquart, je cours commencer la réparation de mes torts impardonnables.

— Je vous suis, ajouta DuPlessis.

Et ils sortirent ensemble. Un instant après ils étaient au galop sur le chemin de la Rivière-du-Loup, en compagnie de Taillefer, qui avait obtenu la permission de les accompagner. Vers le coucher du soleil, ils étaient rendus au village d’Yamachiche. Ils s’y arrêtèrent pour faire boire leurs chevaux.

Comme ils allaient repartir pour continuer leur route, ils virent venir à eux un ecclésiastique, lequel leur demanda s’il n’y avait pas parmi eux quelqu’un qui entendît la chirurgie et qui voulût bien visiter un pauvre blessé qu’il avait recueilli le long du chemin, le matin même. Taillefer reconnut le révérend M. C. Poqueleau, prêtre, curé de la paroisse, et offrit de faire de son mieux. Il entra au presbytère suivi de M. Hocquart et de DuPlessis.

Quelle ne fut pas leur surprise quand ils aperçurent Michel Lavergne ! Le malheureux était dans les angoisses de la mort. Une balle lui avait traversé le corps, et rien ne pouvait le sauver. Il reconnut DuPlessis et lui fit signe d’approcher de son lit. Avec grande peine il lui fit entendre que la dame était en danger. Mais on ne put obtenir d’autres renseignements de lui.

Cette rencontre fit concevoir à nos trois voyageurs de nouvelles craintes sur le sort de Joséphine. Ils poursuivirent donc, leur route avec la plus grande célérité.

Ils n’étaient pas encore rendus à la Rivière-du-Loup que Michel Lavergne expirait entre les bras du dévoué curé d’Yamachiche.