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LE MANOIR

CHAPITRE XXVIII

LETTRE PERDUE


DuPlessis sortit dans le parterre de derrière, ne sachant que penser de son étrange entrevue avec Joséphine, et doutant qu’il eût eu raison, revêtu, comme il l’était, de l’autorité de M. de la Touche, d’engager ainsi sa parole et de laisser la pauvre femme sans protection pendant vingt-quatre heures. Mais comment aurait-il pu refuser la demande de Joséphine ? De quel droit aussi, se demandait-il, aurait-il pu détruire, par une démarche précipitée, les espérances de bonheur domestique qui restaient encore à la malheureuse fille de M. de la Touche ? Il résolut donc d’observer religieusement la promesse qu’il venait de faire, et que l’honneur et la justice ne lui auraient pas permis de refuser. Puis il se dit que Joséphine étant à deux pas de lui, il était à portée de veiller sur elle, d’observer toutes ses actions, et de voler à son secours au premier appel. Pendant qu’il réfléchissait ainsi, il fut soudain accosté par Taillefer.

— Grâce au ciel ! dit ce dernier, je vous trouve enfin. La pauvre dame s’est échappée, avec mon secours, du manoir ou plutôt de sa prison. Elle est ici.

— Je le sais, répondit DuPlessis, je viens de la voir. Mais comment se trouve-t-elle dans mon appartement ?

— J’ai été assez heureux pour avoir affaire à quelqu’un qui savait où vous logiez, lorsque je me suis informé de vous sans qu’elle m’entendît ; car elle n’eût certainement pas voulu aller dans votre chambre. Elle n’a plus sa tête