Page:Henry - Histoire de l'abbaye de Pontigny.pdf/94

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
84
histoire.

que nos pères environnaient de tant de respect, et dont la publication faisait faire une halte à la barbarie dans la contrée.

Dom Robinet parle de plusieurs autres bulles intéressantes qui sont perdues ; celles qui sont adressées à l’ordre en général, sont réunies dans un recueil imprimé à Liège en 1714. Lorsque la communauté était plongée dans quelque tribulation, elle exhalait sa douleur au pied des saints autels ; ensuite elle portait ses plaintes au chef de l’Église, qui se hâtait de les consoler, en prenant leur défense, avec toute la tendresse d’un bon père pour ses enfans.

Les religieux de Pontigny offraient toujours le spectacle le plus édifiant : leur silence, leur humilité, leur recueillement, fixaient l’admiration de tous ceux qui visitaient le monastère. Les exercices spirituels étaient partagés par les heures que l’on donnait, chaque jour, au travail des mains. Tandis que les plus habiles copiaient des livres, les autres se partageaient, à tour de rôle, tous les travaux domestiques de leur habitation.

T. iii, p. 33.Deimbert, baron de Seignelay, donna alors à l’abbaye de Pontigny tout son clos de vigne du Mont-Saint-Sulpice, en reconnaissance de ce que l’abbé Jean et ses religieux lui avaient accordé, ainsi qu’à Marguerite, son épouse, une part aux prières et aux autres biens spirituels de l’abbaye, un droit de sépulture dans leur maison, et à leur inhumation les mêmes honneurs qu’à un des frères. Ce qui montre qu’on apportait beaucoup de solennité à ces inhumations, auxquelles la communauté