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et l’écuyer Salet de Boisjardin s’emparèrent d’une partie du bois de Revisy y firent des coupes, en vendirent pour cent livres et en firent enlever une quantité considérable. L’abbé de Pontigny les cita à comparaître pardevant l’official de Sens ils répondirent que le bois leur appartenait, qu’ils usaient de leur droit. L’official obligea les deux parties à prouver par témoins leur droit de possession. Les témoins de Gaufride et de son complice, la plupart attachés à la maison de chacun d’eux dirent que Gaufride et de Boisjardin avaient joui d’un droit d’usage dans ce bois. Les témoins de l’abbaye produisirent des preuves irrécusables du droit de propriété qu’avait cette maison. Comme Gaufride et de Boisjardin persistaient à dire que le bois leur appartenait, l’official cita les deux parties à comparaître le jeudi d’après la Saint-Vincent, pour entendre prononcer son jugement. Le procureur de l’abbaye s’y rendit, mais les deux autres parties refusèrent de comparaître. L’official les attendit jusqu’au lendemain. Enfin, dit le jugement, la présence de Dieu suppléant à l’absence des contumaces, ils furent déclarés convaincus de mauvaise foi, condamnés à se désister de toute espèce de prétentions sur le bois de Revisy, à restituer tous les dommages qu’ils avaient causés, et à dix livres d’amende pour les frais et les dépens. L’histoire ne dit pas s’ils se sont conformés au jugement, surtout s’ils ont réparé les dommages qu’ils avaient causés et payé l’amende.

Tandis que l’abbé Guérin s’occupait à défendre les biens de son abbaye au-dehors, et à faire régner la régularité au-dedans, il fut enlevé à sa commu-