Page:Henry - Histoire de l'abbaye de Pontigny.pdf/18

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— viii —

il naufrage dans le monde, et être devenus à charge à la société et à eux-mêmes, trouvaient dans la solitude d’un monastère un refuge où la miséricorde de Dieu les consolait. S’ils cessaient de rendre des services à la société, l’exemple de leur pénitence n’en était pas moins propre à arrêter les médians dans leurs désordres. Restés dans le monde leur vie se fût éteinte dans l’opprobre au lieu que, dans le cloître, leur fane flétrie se ravivait en prenant de nouvelles forces. Mais quoi ! de nos jours encore, des souverains ont dans leurs états de ces maisons renfermant des familles spirituelles où la matière est sacrifiée à l’esprit, où l’on surmonte les passions par la pensée de l’éternité, où l’on dompte la chair par la méditation, la prière et la pénitence, et ils retranchent un pareil exemple de la société. C’est un véritable suicide dans l’ordre moral. Je veux parler de la suppression récente des couvens de Portugal, d’Espagne, de Pologne et d’une partie de ceux de la schismatique Russie.

Ne sommes-nous pas pleins de vénération pour ces frères des écoles chrétiennes, pour ces admirables filles de saint Vincent-de-Paul, et pour tant d’autres dévoués, ou à l’instruc-