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Leur voix grêle se mêlait aux tonnerres.

Enfin, Pierre, étouffant, s’affaissa : les guides le rejoignirent avant Desreynes et l’entraînèrent de force ; un d’eux avait la main brûlée ; ils dévalèrent sur la pente.

Georges tremblait sur ses jarrets cassés d’effroi.

Il savait, maintenant, il était sûr.

À cela donc, tout avait abouti !

Il rassembla dans son cœur une force d’homme dont nul ne l’aurait cru capable ; une volonté de Titan naquit de son épouvante ; la révolte décupla sa virilité : puisqu’il avait affaire à un fou, il le traiterait avec un despotisme de tyran ; pardieu ! dans sa rage de le sauver, et fou à son tour, fou de sa force et de son vouloir, il l’eût presque tué pour l’empêcher de mourir !

Il l’empoigna par le coude et lui fit descendre la montagne : sans mot dire… Pierre se sauvait en avant, par immenses enjambées, avec une gaminerie d’enfant. Georges le planta sur son cheval, que Pierre fit galoper au risque ou dans l’espoir de se rompre le cou.

Ils arrivèrent à Pompéi : Arsemar dîna d’excellent appétit ; il souriait ; il monta sur la terrasse de l’hôtel, au lever de la lune qui d’un argent doré glaçait les champs de fèves, si bleus, si placides, rayés de noir par la profondeur des sillons, pareils aux vagues d’une mer morte.

Georges le suivait pas à pas. Il coucha dans sa chambre. Pierre souriait.