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Page:Haraucourt - Amis, 1887.djvu/401

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d’un pas si rapide que Desreynes et le guide avaient peine à le suivre.

Georges était dans une grande inquiétude.

Pierre avait l’aspect d’un fou.

— Il faut qu’elle soit là !

Dans la villa de Diomède, il se pencha sur le sable pour y chercher des traces. Elle avait passé par ici ! Était-elle à jamais introuvable ?

— Tu as perdu quelque chose ? dit Georges.

— Oui.

— Quoi ?

— Rien !

Il vint vers l’autre, et avec rage, il répéta : « Rien ! »

Qu’était-elle, en effet, sinon rien, la maudite, l’adorée ?

Au seuil du cirque, il attendit Desreynes ; il le fixa d’un œil furieux, puis, le prenant par le bouton de son habit qu’il secouait d’un mouvement sec et anguleux, il déclara avec un calme terrible : « Il y a des moments où je te hais. »

Il sortit de là comme un homme ivre qui revient au plein air.

— Quelle heure est-il ? Déjeunons et montons au Vésuve.

Ils prirent des chevaux et partirent : à travers les villages dix fois ruinés, les jardins luxuriants, les vignes gigantesques, les laves noires, ils gravissaient la côte, en silence, au pas rythmique et lent des trois montures, dont le balancement berçait leurs songeries.