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des plans de drames, et ces mille vilenies lui paraissaient fort littéraires.

— Sors de là, disait-il. Lorsqu’on tient à ses illusions, il faut éviter deux choses : les cabinets d’affaires et le promenoir des bains froids ; l’homme est vilain quand il est nu.

Arsemar fut chassé de l’étude pour s’être indigné contre un client véreux. Il devint secrétaire d’un député, et vit la politique de trop près pour lui conserver son estime.

Il fréquentait peu les salons : la compagnie de Georges était sa seule joie véritable.

Des séparations successives les rendirent indispensables l’un à l’autre. Comme des amants, ils se quittaient en prenant un rendez-vous prochain, car ils avaient eu la sagesse de ne point vivre ensemble, pour respecter en eux cette fleur d’affection, cette jeunesse toujours rajeunie que donne le désir du revoir, et que Desreynes appelait les fiançailles après les noces.

— Ne trouves-tu pas que bien des ménages seraient plus heureux sans la vie commune, ses heurts et ses lassitudes ? On se rendrait visite et l’on aurait, à se retrouver, des joies d’amoureux, sans cesse renouvelées.

Arsemar comprenait mal ce paradoxe. Il rêvait d’une vierge qu’il pût aimer éperdument, et prendre : il fuyait les femmes, dans la terreur de concevoir un amour qui ne serait pas le seul de sa vie ; il voulait les affections rares et immenses, il aspirait à rencon-