Ouvrir le menu principal

Page:Haraucourt - Amis, 1887.djvu/248

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


— Je suis perdue ! Grâce !

Georges, en effet, s’était levé, et, comme un assassin qui cache les traces de son crime, en hâte, il avait entassé ses hardes fangeuses dans le fond de sa masse et s’était rhabillé.

Assis dans un fauteuil pâle, morne, la tête inclinée sur le torse, les bras pendants, il somnolait dans une stupeur morbide, quand Pierre parut devant lui.

Il se dressa de son haut, hagard, et retomba.

— Quelle mine as-tu, mon pauvre ami ! Voyons, donne-moi ta main.

Mais Georges s’écartait, la face toujours basse ; Pierre se pencha sur lui.

— Mon bon Georges, parle-moi. Tu es souffrant, ami ? On va chercher un médecin.

L’autre hocha la tête pour refuser.

— Est-il arrivé un accident ?… Tu ne veux pas me parler, petit ?

Le malheureux saisit les mains de son ami et y colla son front en sanglotant ; il releva vers lui ses yeux en pleurs, avec adoration, et, se cachant encore pour répondre, il murmura :

— Plus tard… plus tard…

Il lui baisait les mains ; de longues larmes sinuaient sur son visage, et, brûlantes, glissaient entre les doigts d’Arsemar.

— Tu as du mal, mon petit Georges ?

Au son de la voix, Desreynes reconnut que son frère était prêt à pleurer.