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— Ce gentilhomme m’émerveille par la sincérité de sa bêtise, et je ne le comprends pas ! Il est bien sot, mais pas assez pour l’ignorer, car il l’est tellement qu’il faudrait l’être bien plus encore pour ne pas s’en apercevoir.

— Vous êtes jaloux !

Les heures passaient.

Tout à coup, sur un air de galop, de petites tables toutes dressées envahirent le salon, et le souper s’organisa : des familles à peu près sympathiques s’attablaient ensemble. Desreynes se plaça près de sa nouvelle amie. Il se penchait parfois vers son épaule, murmurant une malice ou une galanterie ; la jeune dame minaudait ; il demanda l’autorisation de lui rendre visite.

— Certes, j’y compte bien !

Jeanne les examinait de loin. Elle répondit sèchement à une parole de Desreynes. Il ne s’en étonna point, et attribua cette bouderie à une vanité de jolie femme. Lui-même estimait, d’ailleurs, qu’elle eût pu montrer plus de réserve au baron de Valtors. Il le lui fit remarquer, « pour le monde ». Elle se redressa, piquée d’abord ; mais une seconde pensée la rendit souriante.

— Bien, dit-elle simplement.

Le cotillon déroula ses folies ; le champagne avait égayé toutes les têtes.

La comtesse, à chaque figure, ne choisissait plus que Desreynes : à lui seul le miroir et le coussin ; pour