Ouvrir le menu principal

Page:Haraucourt - Amis, 1887.djvu/133

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


avait pu sans crime céder à une tentation bien explicable, et qu’il fallait tenir compte de toutes les excuses, pour se faire une raison…

Il demanda à Pierre la clef du meuble en chêne, et, afin d’en visiter le contenu, s’enferma dans la bibliothèque.

Une centaine de livres étaient là, de toutes sortes.

Il rencontra les bouffonneries de Scarron à côté des poèmes galants de la régence ; de fines épigrammes à côté des lourdes gravelures de la Révolution ; Baudelaire coudoyait les marquis de Sade et d’Argens, et la Fontaine s’appuyait à Musset ; Mirabeau entre Glatigny et Monnier ; Balzac entre Diderot et l’Arétin ; Restif de la Bretonne auprès du Meursius ; l’infini culte de Priape, ancien, moderne, de tous les temps, le Musée secret de Naples et tout le Parnasse satirique, puis un débordement de modernités bruxelloises.

Les cartons contenaient des reproductions de Boucher, Watteau, Coypel, Rubens, Kaulbach, Le Poittevin, Courbet, vingt autres, et de fantastiques albums japonais, et une collection des merveilleuses eaux-fortes de Rops.

Desreynes, en tournant les feuilles, se rappela qu’une femme les avait tenues et s’était attardée dans leur contemplation : ce souvenir le troubla pendant quelques minutes, et le ravit : mais soudain il en rougit comme s’il eût avoué tout haut quelque infamie.

Alors, il entendit dans le couloir un pas léger qui